Pucelette 2019 : bleuets, Rafa, Kabi… et vous !


En littérature, il existe plusieurs « prix du premier roman » mais bien moins de « prix du deuxième roman ». C’est pourtant plus difficile, parfois, de confirmer ; de rédiger un bon livre après un premier où l’on a « tout donné ». C’est la raison pour laquelle mon ami Armel Job a créé ce trophée.

S’il existait un « prix du deuxième jogging », nul doute que celui de la Pucelette, organisé par un groupe d’amis issus de l’OBJ, mériterait de l’obtenir : quelle belle organisation !

À peine en possession de votre dossard, vous receviez en effet un petit sac en papier (donc recyclable) dans lequel vous découvriez une petite bouteille d’eau, une gaufre de Liège (mes préférées) et une casquette ! L’une de ces attentions qui indiquent que les organisateurs sont soucieux des coureurs.

Oups ! Parenthèse : je viens d’écrire machinalement « des coureurs ». Et les marcheurs, alors ? Récemment, l’un des organisateurs du challenge, qui avait employé cette expression, s’est vu reprendre par un (ou une) marcheur (ou marcheuse) estimant qu’« il n’y en a que pour les coureurs ». Rappelons pourtant que chaque participant, coureur, coureuse (du court ou du long), marcheur ou marcheuse reçoit en fin de saison la même récompense, et que le tirage au sort laisse aussi les mêmes chances à chacun.e.

Alors, faudrait-il chronométrer et classer les marcheurs ? Il me semble d’abord que c’est opposé au principe « marche ADEPS » qui domine cette discipline depuis longtemps ; ensuite, cela obligerait à des contrôles incompatibles avec nos organisations en grande partie bénévoles. Autrefois, on a classé et chronométré les marcheurs et marcheuses, ce qui a souvent donné lieu à des réclamations car l’esprit de compétition amenait certains à courir, ou trottiner, sur certaines sections. Comment contrôler ? Engager des juges de marche de la Fédération d’Athlétisme ? Eh non. Marcher, c’est un choix, un esprit. Que cela reste un plaisir libre, s’il-vous-plaît !

Ceci dit, j’ai fait les comptes : 281 (sur les 10) + 161 (sur les 5) + des dizaines de marcheurs = 500 participants. Une belle réussite !

J’évoquais la Pucelette dans le titre de cet édito. Si vous avez lu ma présentation du parcours, vous savez qu’il y a très longtemps, un dragon qui hantait les marais de Wasmes enleva une petite fille (une "pucelette") qu’il maintint prisonnière dans son antre. Le chevalier Gilles de Chin, au terme d’un combat héroïque, délivra la pucelle et trancha la tête du dragon. Depuis, à chaque Pentecôte, les habitants de Wasmes se souviennent de son exploit qu’ils célèbrent par une procession : la "Pucelette". Eh bien, c’est la Pucelette 2019, Abigaël, qui, du haut de ses cinq ans, libéra le peloton. Une autre « Pucelette 2019 », végétale, était visible sur le proche rond-point de l’axiale boraine. Le plus beau du Borinage, sans doute ! Suggestion : pourquoi les différentes communes concernées (Dour, Boussu, Quaregnon, Mons) ne décorent-elles pas la fameuse « route des ronds-points » avec autant d’amour du métier que le jardinier communal de Colfontaine ? Ce serait tellement agréable !

Le jardinier de l’Espace Magnum, quant à lui, avait semé du gazon agrémenté de coquelicots et de bleuets, et ça aussi, c’était un régal pour l’œil. En même temps qu’un regret : si les premiers se rencontrent encore dans nos champs ou sur nos talus, les seconds ont presque disparu du paysage, détruits par des décennies d’agriculture industrielle. Voilà qu’il faut semer des fleurs sauvages ! D’ici à ce que l’on sème des « mauvaises herbes »…