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Grand Prix de Dour : comme à la maison…


Quand je reviens à la Machine à Feu, je me sens toujours un peu comme à la maison. Pas tellement parce que j’ai été affilié à Dour Sports dès 1965 (le club avait été fondé l’année précédente) et que j’ai disputé, gamin, quelques cross très peu concluants. Mais pour les aventures que nous y avons vécues à partir de 1980, quand j’étais un honorable marathonien. Il m’arrive encore d’aller observer, sur la cheminée située entre la piste et le grand hall, la plaque dévoilée en 1965, lors de l’inauguration de la piste en cendrée, qui porte l’inscription : « Que cette terre demeure digne de son passé fait d’efforts et d’amitié. »

Les efforts et l’amitié, ils s’en souviennent, Carlo Di Antonio et Michel Sanok, rencontrés juste après la course d’hier. Quand je leur demande ce qu’ils ressentent, revenant ici, Michel répond : « C’est toute ma jeunesse. C’est moi qui ai placé la première brique de l’ancienne buvette ! » Pour celles et ceux – nombreux – qui ne peuvent s’en souvenir, rappelons qu’avant les installations actuelles, Dour Sports ne disposait que d’une piste en cendrée de 325 m, une « bulle » en tôles ondulées à usage de salle de musculation et une buvette située derrière la cheminée. Ces installations ont brûlé lors d’un incendie criminel en 1989.

Quand j’interroge Michel sur son meilleur temps au 5000, il me répond en souriant : « 15’15 ». C’était à la fin des années 70, quand il était tout jeune senior. À l’époque, Jean-Claude Dessort (champion de Belgique junior de cross à Waregem en 1974) avait couru en 14’15…

Carlo, quelques années plus tard, pouvait être fier de son 14’22, et de son 29’53 sur 10000… Mais ce qu’il retient de la course d’hier, c’est le moment où, entrant sur la piste pour l’arrivée, il aperçoit, dix secondes devant lui, Vincent Potvin, l’un des meilleurs coureurs de 3000 steeple de l’histoire du club. « Je me suis souvenu, dit Carlo, des centaines, des milliers de tours que nous avons courus ensemble ici à l’entraînement ! »

Après l’incendie de 1989, quatre coureurs de fond ou demi-fond décident de relancer les entraînements à la Machine à Feu. Il faut dire que, depuis sept ans, la vieille plaine a été quelque peu délaissée au profit du récent stade de Saint-Ghislain dont Dour Sports peut profiter grâce à une fusion avec Hainaut Sports (le club de Villerot, dans l’entité de Saint-Ghislain) et quelques autres petits clubs, sous le nom d’EAH (Entente Athlétique du Hainaut). Trois de ces coureurs figurent sur le classement d’hier : Carlo, Bruno Cougneau et moi-même. Le quatrième, disparu bien trop tôt, était Jean-Michel Carton (2 h 30’ 06 au marathon d’Echternach en 1990).

En 1990, le quatuor décide de quitter l’EAH pour relancer Dour Sports avec un nouveau matricule. L’année suivante, les deux halls actuels sont construits. Bruno (qui bâtira de ses mains la plupart des murs intérieurs) est président du nouveau club dont je suis secrétaire. L’actuel président, Christophe Bourguignon, était alors l’un des meilleurs jeunes sprinters belges. La relève est assurée !

Ceci dit, qui croit encore au dicton : « À la Chandeleur, l’hiver passe ou reprend vigueur » ? En effet, si ce samedi de Chandeleur fut particulièrement triste et pluvieux, un magnifique soleil, joint à un vent quasi nul, fournirent au Grand Prix de Dour des conditions parfaites. Certes, il faisait froid, mais après quelques tours d’échauffement sur la belle piste synthétique, on était prêt pour le départ.

Au lendemain du CC Running Day 2018, j’écrivais : « La révélation de ce début de saison est sans doute Arnaud Meunier, vainqueur autoritaire (35’28 !), qui confirme sa belle prestation de la semaine dernière au GP de Dour. Il faudra compter sur lui cette saison sur le challenge long, lui qui n’était ″que″ quatrième la saison dernière sur la version courte ! » Pour rappel, Arnaud remporta le challenge 2018…

Dès la sortie du stade, il prenait la tête pour ne plus la quitter, et l’emportait à 3’29 au km. Un rythme presque « tranquille » pour un garçon capable d’aligner à l’entraînement une série de 1000 m entre 3’05 et 3’10 (il passait d’ailleurs hier au km 2 en 6’14 !)

Arnaud, qui doit sans doute une bonne partie de sa progression aux conseils avisés de son entraîneur Bernard Turpin, était radieux de l’avoir emporté sur son terrain. Légèrement blessé en début de semaine, il avait préféré renoncer aux championnats du Hainaut de cross, disputés la veille au MOHA, au cours desquels Kabi Nassam prit la troisième place chez les seniors dames tandis que quatre membres de la fratrie Doison figuraient au podium, dont Lucile (première chez les juniores) et Grégoire, médaillé d’argent chez les seniors. Grégoire que nous croisâmes hier… signaleur au chemin de Thulin : ça s’appelle l’esprit de club !

143 coureurs terminaient les 10 km (parfaitement mesurés !) : Arnaud précédait le très méritant Nicolas Soudant et un Maxime Thibeau en constante progression (lui aussi vient du football). Chez les dames, la toujours impressionnante Françoise Théate l’emportait devant le jeune « médecin volant » de l’OBJ Abeline Kapuczinski et Valérie Robert du JC Quiévrain.

Notons que le 5 km fut remporté en 20’26 par Clement Campini devant Gregory Gravez de Maubeuge Marathon (20'40) et Jean-Marc Culot (20’44) ; chez les dames, Sonia Michaux (25’56) devançait Anne-Sophie Lheureux (26’43) de Dour Sports et Vinciane Cougneau (26’54).

Petit focus, pour terminer, sur Michaël Pierard, le webmaster de ce site, afin que vous puissiez mettre un visage sur son nom. Michaël a commencé à courir début 2015. Sa femme et son beau-père (l’auteur de ces lignes) lui avaient lancé un défi après le Happy New Year Trophy 2014. Quand il leur avait lancé : « L’an prochain, je le cours avec vous », ils avaient rigolé. C’était mal connaître Michaël qui, après moins d’une année d’entraînement, terminait l’édition 2015 du Happy New Year Trophy en 44’49, à 4’11 au km… C’est grâce à lui que vous êtes de plus en plus nombreux à visiter ce blog. Un super coureur… et un super geek !


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