• Daniel Charneux

Angreau : Sous le soleil exactement


Une hirondelle ne fait pas le printemps. Mais hier, à Angreau, c’étaient deux hirondelles qui se

gavaient d’insectes dans le ciel bleu, et elles nous ont apporté l’été.

Les météorologues ne s’étaient pas trompés, qui avaient annoncé la journée – à ce jour – la plus chaude de l’année. Tandis que les amateurs de cuistax et de babeluttes se livraient à une séance de pare-chocs contre pare-chocs pour atteindre la Côte et que les amateurs de petite reine se préparaient à fêter Tom Boonen entre Paris et Roubaix, 236 coureurs, appariés en 118 duos, attendaient le départ du premier relais des Jacinthes. Une demi-heure de bain de soleil due à des problèmes informatiques. Surchauffe ? Bug de l’an 2000 à retardement ? Ne tirons pas sur le pianiste : Martial et son équipe de Chronolap firent de leur mieux pour gérer une formule inédite. D’où une nouvelle séance d’héliothérapie bien plus tard, après la course, quand il fallut patienter pour connaître le classement par catégories. Nul doute qu’une solution sera trouvée pour l’édition 2018 du relais.

Top de départ enfin donné, tandis que 118 coureurs piaffent autour de la place, 118 autres s’élancent pour un circuit qui mérite vraiment la métaphore « montagnes russes » : monter la courte ruelle Galop, virer à gauche, plonger vers le moulin d’Angre, franchir une première passerelle, gravir l’autre versant – asphalté – de la vallée, virer à droite (même cet unique « plat » était « faux »), entrer dans le bois sans avoir le temps d’admirer les jacinthes, descendre la caillouteuse « carrière Bourdon », franchir une seconde passerelle pour… remonter dans un sentier étroit, terreux, interminable, et regagner la place par la ruelle Galop.

En athlétisme, le moment le plus spectaculaire, le clou des championnats, ce sont sans doute les relais. La place d’Angreau vibra ainsi d’ovations et d’encouragements inhabituels, lors du passage de la balise qui tenait lieu de témoin. Le duo Yvan Haube / Lino Cordaro fut le plus homogène et l’emporta haut la main devant la paire Nicolas Mulpas / Loïc Lété tandis que Delphine Flanquart, associée à Anthony Zajong, était la première dame à franchir la ligne d’arrivée.

Qu’aurait pensé le poète Émile Verhaeren qui parcourait régulièrement ces sentiers, voyant passer à toute allure ces créatures en short et maillot qui n’écoutaient même pas les chants d’oiseaux ? Quelques-uns, peut-être, reviendront d’ici quelques jours profiter du bleu des jacinthes et de l’appel de ce gros oiseau gris qui pond ses œufs dans le nid des autres : le coucou. Savez-vous que, chez nous, c’est ainsi que l’on appelle les fleurs bleues qui ont donné leur nom à ce relais : des coucous ? Peu importe, après tout… déjà fanée dans les bois, dans les verres, la jonquille était fraîche !


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