• Daniel Charneux

Foulées du Caillou : l’été, les haies, Kant et Ginette.

En ces temps de dérèglement climatique, une année n’est pas l’autre. Ce n’est pas neuf, me direz-vous, mais le phénomène est peut-être plus sensible depuis l’entrée dans le troisième millénaire.

C’est ainsi que j’écrivais l’an dernier, à propos des Foulées du Caillou : « 13 ° et une petite bruine, quasi pas de vent : quelles conditions idéales pour courir ! »


Hélas, impossible pour l’éditorialiste paresseux de « copier-coller » cette phrase. Hier, en effet, le dernier jour de l’été météo nous gratifia de températures dignes d’un 21 juillet : record battu à Uccle pour un 22 septembre (26°). Le matin, à Roisin, déjà près de 24° à l’ombre, soit près de 30 en plein soleil : dur, dur, surtout dans les côtes !


J’avais écrit dans la présentation du parcours : « au km 3 : une belle descente dans un chemin de terre (risque de boue) ». L’an passé, la gadoue était bien là. Cette année, c’était sec comme certains cours d’eau du sud. Tant mieux pour les chaussures restées propres !


Autre annonce : « Peu avant le km 7, à droite, vous vous engouffrez dans un étroit sentier (attention aux barbelés !) qui monte abruptement entre prairies et bois »… Oui ! Attention aux barbelés ! Hélas, cette fois, je peux « copier-coller » ma réflexion de 2018 : « L’organisation aurait été bien avisée de tailler la haie qui, sur la droite, rétrécissait encore le passage. Plusieurs soulignèrent la dangerosité du lieu où il valait mieux éviter la chute. À revoir l’an prochain ! »

Force est de constater que la remarque n’a pas été prise en compte. Certes, le paysage est embelli par cette haie plantée voici quelques années par le propriétaire de la belle prairie où galopent ses chevaux, mais si elle n’est pas taillée, le beau sentier qui relie Bargette au gué sera bientôt impraticable. L’organisateur serait bien avisé de régler ce point avec le propriétaire de la haie.


Dernière remarque rédigée l’an passé : « Le parcours, en principe, peu après le km 7, nous amenait à virer vers la droite dans le complexe provincial d'hébergement dit « Bargette » pour faire le tour de la maison d'Émile Verhaeren puis passer devant le buste moustachu du chantre des « Blés mouvants ». Hélas, Émile nous attend encore : un plaisantin avait – selon l’organisateur, Guy Genva – jeté sur le côté le panneau qui signalait le virage à droite. Faute de signaleur, tout le monde prit à gauche (même ceux qui, connaissant le circuit, s’étonnaient de ce raccourci imprévu). Résultat : un parcours écourté de près de 500 m, ce dont ne se plaignit aucun délégué syndical des coureurs. Il faut dire qu’à ce moment, chacun commençait à entrer dans le dur… » Le problème est que cette remarque, pas plus que la précédente, ne fut prise en compte, notre ami Guy nous expliquant qu’un signaleur serait « probablement » présent à cet endroit. Hélas, le signaleur en question brillait par son absence. J’ai personnellement trouvé que le fléchage était parfait, pourtant des groupes firent l’impasse sur la boucle autour du musée Verhaeren, écourtant ainsi leur parcours de plus de 400 m ! Un gros tour de piste. Certes, il ne s’agit pas d’un championnat du monde, mais si chaque épreuve du challenge permettait d’éviter sans disqualification une boucle de 400 m, ses résultats seraient faussés. Comme il existe des cours à option, il y aurait ainsi des courses à option, chacun décidant, faute de signaleur, de faire ou non l’impasse sur telle ou telle boucle de 400 m (suivant les niveaux, de 1’20 à plus de 2’)… Quand j’en ai parlé à Guy Genva après la course, il a minimisé les conséquences de cette lacune.


C’est l’occasion de rappeler la première règle de la morale de Kant (ou « impératif catégorique ») : « Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux aussi vouloir que cette maxime devienne une loi universelle ». En clair : si tu estimes qu’un signaleur sera « probablement » à tel endroit, le règlement du challenge doit être modifié ainsi : « Les organisateurs prévoiront probablement de placer des signaleurs aux endroits dangereux ou équivoques, mais si un signaleur manque, ce n’est pas grave. »


On imagine la pagaille…


Ceci dit, revenons au sportif : le 10 km permit d’applaudir deux beaux vainqueurs, le très méritant Nicolas Soudant chez les hommes, et notre souriante perle noire Kabi Nassam chez les dames.


Sur le 5, notons les victoires peu habituelles de Guillaume Lheureux et de Hydden Lépine : du sang neuf !


Enfin, Ginette Urbain nous confie ses impressions : beau temps, course superbe, petit regret concernant le problème de la boucle escamotée.





Rendez-vous dans un peu moins de trois semaines à Montignies pour le jogging des Feuilles mortes. L’été indien ou un véritable automne ? Je vous laisse à vos pronostics !

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