• Daniel Charneux

La Marocaine : chapeau, Kenny !


Les premières ont toujours un parfum particulier : « première gorgée de bière » de Delerm, premier baiser, premiers (ou premières) perce-neige, premier jour de vacances… Hier, Kenny Baudour nous en fournissait une : la première « Marocaine ».

Pourquoi les habitants de Meaurain sont-ils parfois désignés comme « Marocains » alors que leur gentilé officiel est « Meaurainois » ? Je vous livre une explication trouvée sur le Net : « Il faut savoir que, jusqu’au milieu du Moyen-Age, c’est en réalité Roisin qui dépendait de Meaurain. Puis, la relation s’inverse, Meaurain, berceau religieux et seigneurial de Roisin, n’est plus qu’une dépendance, une "colonie" comme le disent avec dédain les "métropolitains" de Roisin en parlant des "coloniaux", des Marocains ! » A vérifier ! Parfois, les étymologies populaires trop « évidentes » se révèlent fausses. Ainsi pour Roisin. Nous trouvons celle-ci sur le site de la commune de Honnelles : « Ils [les Romains] ont en tout cas donné au lieu son nom " Racemus " qui désignait une grappe de raisins. Même si, par la suite, plusieurs graphies se sont succédé (de Resin à Roizin en passant par Resenium), l’allusion aux fruits de la vigne reste évidente. » Trop évidente peut-être. Selon Albert Carnoy, auteur en 1942 d’un « Dictionnaire étymologique du nom des communes de Belgique », Roisin aurait plutôt désigné l’habitation d’un certain « Hroko ». Explication bien moins poétique mais sans doute plus conforme à la réalité.

Une chose certaine, c’est que nous étions hier matin réunis dans l’ancienne église Saint-Amand de Meaurain, désacralisée le 6 mars 2006 et reconvertie en Centre culturel, dont le clocher abrite un triptyque datant probablement du XV e siècle, sauvé de la destruction d’un édifice religieux plus ancien durant les troubles de 1789.

Première constatation en sortant de voiture : on se serait cru en plein hiver. Deux degrés à peine, un vent sec et froid. En avril, ne te découvre pas d’un fil : hier, mieux valait obéir au dicton.

De nombreux véhicules stationnés un peu partout dans le hameau : trois cents coureurs ou marcheurs avaient décidé de braver le froid et les côtes du haut-pays. Ils ne furent pas déçus : quel beau parcours ! Petites routes de campagne, chemins de terre, charmants paysages… Après une boucle dans le village, nous partions vers le lieu-dit Piémont, entre Meaurain et Bettrechies, pour dévaler vers Gussignies – dont nous apercevions bientôt le clocher au haut de la vallée creusée par l’Hogneau (le nom de la Honnelle en France) – avant de filer, par le Pré Bélem, vers le pont de quinze mètres puis le pont dit « Rouge » et d’entrer dans le bois du Caillou-qui-Bique (« petit coin poétique », dans la chanson boraine de Flora Leturcq). Nous longions le fameux caillou (un poudingue vieux de 370 millions d’années), traversions la Honnelle, saluions bientôt le buste d’Émile Verhaeren avant de rejoindre Meaurain et son joli clocher.

Plusieurs avaient décidé de courir « en dedans », comme Arnaud Meunier, en « endurance intensive » (deuxième à 3’39 au km tout de même) avec ses potes de Dour Sports auxquels s’était mêlé Nicolas Soudant, ou moi-même avec mon vieux compagnon de route Renild Thiébaut, qui – sans malheur, comme on dit – disputera le premier mai prochain son trente-neuvième Grand Prix des Sylves à Dour ! 39/39, le maximum, quoi !

Devant, notons la belle victoire de Maxime Thibaut sur la longue, de Lino Cordaro devant Nicolas Mulpas et Jean-Marc Culot sur la courte, tandis que chez les dames, le dix kilomètres offrait un podium guère surprenant – ce qui n’enlève rien au mérite – Françoise Théate, Florine Arlon et Abeline Kapuczinski ; le cinq kilomètres voyait, de son côté, Clara Rousseau devancer Sonia Michaux et Emy Delcroix.

Rendez-vous dans deux semaines à Autreppe, siège du centre administratif de la commune de Honnelles, pour un nouveau parcours vallonné et sylvestre !


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