Le Grand Prix de Dour comme si vous y étiez !


Le Grand Prix de Dour est né le samedi 29 novembre 1997. La coutume était apparue à cette époque d'organiser, en marge d'un cross officiel, soit un cross populaire accessible aux non-affiliés, soit une épreuve sur route. Cette année-là, le Grand Prix de Dour fut disputé le samedi, le cross le lendemain. J'ai remporté cette première édition en 33'29 (pour environ 9 km, si je me souviens bien). Nous étions 59 à l'arrivée : des débuts timides, donc.

Le cadre de l’épreuve était – comme aujourd'hui – la plaine de la Machine à Feu où, sur le site de l’ancien charbonnage du même nom, s'était installé en 1964 le club d’athlétisme de Dour Sports. Si vous voulez en savoir plus sur ce nom de « Machine à Feu », lisez ce qui suit (sinon, sautez deux paragraphes) :

Autrefois, la houille était exploitée par les « fourfeyeux ». On ne creusait pas de puits car les veines affleuraient, et il n’était pas possible d’évacuer l’eau rencontrée. Dès que l’exploitation présentait des difficultés, on remblayait les excavations et on recommençait ailleurs.

La « machine à feu » de Thomas Newcomen a révolutionné l’industrie minière. C’était une pompe qui fonctionnait grâce à une machine à vapeur. L’eau qui envahissait les puits pouvait à présent être pompée. La machine du Bois de Boussu, inaugurée en 1747, a été décrite dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. À partir de ce moment, on va chercher le charbon à des profondeurs de plus en plus importantes : en 1790, on ne dépassait pas 220 mètres ; en 1820 on frôlait les 300 mètres ; en 1838, certains puits dépassaient 400 mètres ; en 1866, certaines fosses avaient plus de 600 mètres de profondeur.

Témoigne de ce passé le seul vestige de l’activité industrielle, la cheminée située entre la piste et le grand hall sur laquelle une plaque dévoilée en 1965, lors de l’inauguration de la piste en cendrée, porte l’inscription : « Que cette terre demeure digne de son passé fait d’efforts et d’amitié. »

Efforts, amitié… deux mots associés au terrible travail fourni par les mineurs qui exploitèrent cette fosse, mais aussi à l'aventure de ce club qui, depuis plus de 50 ans, a produit tant d'excellents athlètes. Si je me limite aux coureurs de demi-fond dans le cadre de cet article consacré à un jogging, je citerai le jeune Grégoire Doison, 30'55 sur 10.000 m en 2017, Carlo Di Antonio qui, bien avant d’être ministre, fut champion de Belgique francophone de cross ou champion de Belgique universitaire du 5.000 m, ou encore Jean-Claude Dessort, toujours présent dans nos pelotons, organisateur à Roisin du mémorial Mathieu Dessort (son fils tragiquement décédé dans un accident de voiture), Jean-Claude qui fut champion de Belgique junior de cross à Waregem en 1974 et qui réalisa – excusez du peu – 14’15 sur 5.000 m !

Mais le parcours, me direz-vous ? C'est très simple : selon que vous disputez l’épreuve courte ou la longue, vous bouclerez une ou deux fois le tour du terril de Saint-Antoine.

Mais encore ? Emprunterons-nous le terril lui-même, répliquerez-vous non sans quelque appréhension ? Rassurez-vous, non. Ce fut le cas en 1987 et 1988 : Claude Deroux avait organisé la « printanière des terrils » qui empruntait ce parcours magnifique. Nous nous y entraînions souvent : une boucle de 3 km avec deux côtes et les descentes qui vont avec. Depuis, le Saint-Antoine, l'un des plus vastes de Wallonie, a été défiguré en raison de son exploitation récente (pour son schiste) mais il reste possible de s’y amuser dans un paysage exceptionnel. Vivement conseillé aux amoureux de trail…

Trêve de bavardage, le parcours !