Sartis 2018 : les Gilets roses, Éole, Laurie, Bruno, Vinciane et les autres


– Monsieur, vous pouvez nous photographier ?

– Bien sûr !

– Merci ! Nous participons à un challenge : il faut poster le maximum de photos de nous dans des courses différentes.

– Ah bon. Et vous êtes de quel club ?

– Aucun.

– Sur vos maillots, je lis pourtant « les Emplaqués »…

– …

– Alors,on va dire « les Gilets roses » !

– D’accord, les Gilets roses !

– Allez, bonne course !

La course à pied permet – heureusement – ce genre de rencontre. C’est l’esprit du « sport pour tous » que promouvait autrefois l’ADEPS avec ses « allures libres » et que porte aujourd’hui l’opération « Je Cours Pour Ma Forme ».

Alors, pourquoi ne pas leur accorder, à ces trois-là, Kathy Champenois, Jérôme Champenois et Yves-Marie Ferquin, un titre et une illustration ? Leur photo, justement, celle qu’ils afficheront aussi sur un réseau social, pour leur challenge…

Ceci dit, les prévisions météo étaient claires : « Le week-end se terminera par une journée très chaotique. Les abondants nuages seront porteurs de précipitations régulières et par moments assez abondantes, le tout étant ponctué d’un vent virulent dont les rafales avoisineront 70 km/h. » En clair, Éole était capricieux… Lui qui est, selon Homère, le régisseur des vents. Homère suggère aussi que la volonté d’Éole peut être fléchie par des prières et des sacrifices. Apparemment, aucun des quelque trois cents participants n’y avait songé cette année. Et je l’avais annoncé dans la présentation du parcours : « Relief : plat ; surface : bitume. Un parcours pour les amateurs de billards genre Rotterdam. La seule difficulté, peut-être : le vent (les éoliennes ne sont pas loin). » Et donc, même si les rafales à 70 km/h nous ont épargnés, certaines lignes droites avec un Éole qui nous soufflait dans la figure nous ont paru bien plus longues que l’an passé !

Un exemple : Laurie Arlon avait « tourné » à 5’04 au km l’an passé, 5’09 aujourd’hui. La perte est faible mais à quel prix ! Moi qui l’ai accompagnée pendant les deux tiers du parcours, je ne sais ce qui était le plus audible : le souffle du vent ou le souffle de Laurie. Quel courage pour ce professeur de français, maman de trois filles, qui vit à Erquennes comme mon vieux compagnon Bruno Cougneau dont elle dit : « J’essaie de le suivre... mais il est toujours plus fort que moi !! » Et ça s’est encore vérifié aujourd’hui : celui qui fut un ultra-marathonien (7 h 12’ sur 100 km…) est resté un « Diesel » qui, un moment distancé, est revenu vers la mi-course pour devancer – de peu – sa concitoyenne.

La