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Foulées du Caillou : Lété indien !


Bon, d'accord, le jeu de mots est lourd. Mais Loïc était léger. Rapide comme le Sioux. Laissant son plus proche poursuivant à plus de deux minutes. Et puis, c'était, au troisième jour de l'automne, ce beau baroud d'honneur de l'été qu'autrefois chantait Dassin. D'où l'été (et Lété) indien...

Je l'avais croisé plusieurs fois lors de l'échauffement, solitaire et souriant (son pote Nicolas Mulpas n'était pas là dimanche). Nous nous étions souhaité une bonne course. Et puis, je l'ai à nouveau croisé lors du retour au calme et lui ai demandé : « Alors, Loïc ? » Et il m'a répondu, sans forfanterie aucune : « – Ça a été. J'ai fait deux minutes de mieux que l'année passée. – Et ta place ? – Premier... » Et ça m'a fait plaisir d'apprendre qu'il avait gagné, celui qu'à Dour Sports, voici une vingtaine d'années, quand nous lui apprenions son métier de crossman en minimes ou en cadets, nous appelions « le p'tit Loïc ». Loïc devenu grand qui conforte par la même occasion sa position à la tête du challenge.

Les conditions de course étaient idéales : 11°, soleil radieux. Les feuilles commençaient à roussir, noisettes, châtaignes et glands à craquer sous les pieds... Le bel automne, quoi ! Pour ne rien gâcher, les inscriptions, l'arrivée, la remise des prix avaient pour cadre ce qui se fait de mieux dans le challenge : les superbes « tourelles » du château, restaurées en 1977, l'année où Roisin et neuf autres villages de ce coin de Belgique enfoncé dans la France, suite aux fusions de communes, devenaient l'entité de Honnelles.

Et c'était un bonheur de retrouver la famille des Belles du Haut-Pays, de saluer les copains, de bavarder, sur la ligne de départ, avec Anne-Marie Scoubeau (j'ignore son record au marathon, mais elle a réalisé 61 minutes sur les 15 km – à l'époque – du Grand Prix des Sylves 1984).

L'organisateur nous explique : « C'est fléché au sol, vous ne pouvez pas vous tromper ! » Puis, c'est le départ. Je cours quelques dizaines de mètres derrière le jeune Hugo Mirulla, et je me dis que voilà la troisième génération de Cougneau sur les courses du Haut-Pays (Hugo est le fils de Vinciane, le neveu de Vincent, le petit-fils de Christiane et Bruno)...

Les pelotons se séparent : les participants du 5 km plongent vers la Honnelle, les autres s'égrènent, à gauche, vers Roisin, et l'on peut presque calculer sa place à ce moment de l'épreuve. Et puis, la descente en partie boueuse vers Meaurain, les groupes qui se forment, les deux ou trois que l'on dépasse, les deux ou trois qui reviennent de l'arrière ; les pavés du Pré Bélem ; la rentrée dans le bois (on sait qu'on va virer à gauche, franchir la Honnelle, que forcément ça va remonter...) ; la côte – ou les côtes, par paliers – puis le plat final, l'arrivée déjà, les échanges avec les autres, les déçus et les contents, ceux qui progressent et ceux qui régressent...

Quant aux résultats, j'ai déjà signalé la belle victoire de Loïc Lété. Il précède Gauthier Carion et le régional de l'étape, Kenny Baudour. Chez les dames, Élodie Osyra l'emporte à nouveau devant Laurie Arlon et Hydden Lépine.

Sur le 5 km, Dylan Caron récidive en 19'18 devant Frédéric Foucart et Gérard Maton. Chez les dames, Florine Arlon (24'07) devance sans surprise Deborah Honorez et Anne-Sophie Lheureux.

Verhaeren, que nous avons salué à deux kilomètres de l'arrivée, avait une vision plutôt sombre de l'automne :

« C'est les noces du vent et de l'automne. "Eh ! la lune, garde à vous !" Le vent est ce cavalier lourd Qui s'est soûlé, ce soir, et fait l'amour À tous les coins des carrefours Avec la rouge et violente automne. »

« La rouge et violente automne » ? Pas pour nous. Ce dimanche, à Roisin, nous avons dégusté la douce, la tendre, la vibrante automne...


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